Débat à Casablanca sur la crise du système scolaire dans le monde actuel

 Les participants à une rencontre-débat sur l'éducation, organisée vendredi à Casablanca, ont plaidé pour la nécessaire révision des fonctions classiques de l'école et des programmes scolaires.

Réunis à l'invitation de la Fondation du Roi Abdul Aziz Al Saoud pour un colloque international de deux jours sur le thème ''Eduquer dans le monde contemporain : Les savoirs et la société de la connaissance'', les intervenants, des pédagogues et des philosophes marocains et étrangers, ont appelé à recadrer les programmes pédagogiques avec les évolutions de l'instant et aussi redéfinir la place et le rôle de l'école dans la société de la connaissance.


Ils ont noté une certaine complexité qui explique la difficulté de l'analyse, ce qui rend nécessaire le recours à une approche globale conjuguant pédagogie, sociologie et psychologie.


C'est d'ailleurs l'opinion de M. Mohamed Sghir Jenjar, Directeur Général de la Fondation qui a d'emblée souligné l'aspect lancinant de la thématique débattue lors de ce colloque organisé en partenariat avec le Collège International de Philosophie, l'occasion de réfléchir sur la crise qui frappe l'enseignement non seulement dans les pays de la rive sud de la Méditerranée mais aussi dans les pays développés dans le Nord.


Une occasion aussi, a-t-il suggéré, de proposer des pistes de réflexion et pourquoi pas des solutions et faire en sorte que l'école recouvre ses lettres de noblesse et soit replacée sur de bons rails, à la fois ancrée dans les spécificités culturelles et patrimoniales nationales et également tournée vers l'avenir et les innovations d'une époque de plus en plus numérisée.


Et d'estimer que ''les contenus du savoir, sacrifiés par moments à une raison didactique, méritent d'être ramenés à leur socle de formation et que l'illusion rationnelle qui consiste à parler indistinctement de toutes les disciplines enseignées doit également être interrogée''.


Le philosophe belge, Didier Debaise pense, quant à lui, que l'image de la science, véhiculée dans les théories de la connaissance, les approches pédagogiques et les théories sociales, repose sur une vision désuète qui ne tient pas assez compte de la singularité et des transformations des pratiques scientifiques.


Autre éclairage, celui de Nathalie Bulle, Chercheur au CNRS en France et au Groupe d'étude des méthodes de l'analyse sociologique de la Sorbonne, qui a fait remarquer que les changements pédagogiques dans la plupart des systèmes éducatifs occidentaux visent aujourd'hui le développement de compétences générales, s'appuyant en cela sur des notions comme l'interdisciplinarité, les situations d'apprentissage ou encore l'interaction entre pairs.


Pour sa part, l'universitaire algérienne, Naïma Haj Abderrahmane, a dans un exposé intitulé ''Vérité et vérité font deux'', met en avant le rôle politique de l'éducation, un faire-voir de la dignité de l'individu-élève, des références et du savoir dictés à l'école et imposés par l'Etat.


 Casablanca, 08/10/10-MAP


 

 

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