Rapport Economique et Financier 2009: L’équation alimentaire mondiale

L’équation alimentaire mondiale connaît actuellement un déséquilibre profond traduit par un important renchérissement des cours de la quasi-totalité des produits alimentaires de base. Ainsi, les cours du blé dur sont passés de près de 160 dollars la tonne en 2004 à 260 dollars la tonne en octobre 2008
 

 

L’équation alimentaire mondiale connaît actuellement un déséquilibre profond traduit par un important renchérissement des cours de la quasi-totalité des produits alimentaires de base. Ainsi, les cours du blé dur sont passés de près de 160 dollars la tonne en 2004 à 260 dollars la tonne en octobre 2008.



Pour le maïs, les prix ont évolué de 110 à 180 dollars la tonne sur la même période.


Cours des produits alimentaires

Malgré leur récente baisse durant les derniers mois, les cours des produits alimentaires demeurent à des niveaux élevés par rapport à ceux enregistrés avant 2007.


La combinaison de plusieurs forces, notamment nouvelles, a été déterminante pour la situation mondiale de l’alimentation actuelle.


 Déséquilibre de l’équation de l’alimentation mondiale

Les principaux facteurs à l’origine du déséquilibre de l’équation de l’alimentation mondiale consistent en l’amélioration des revenus des populations au niveau mondial, l’augmentation de la production des biocarburants souvent subventionnés, la faiblesse de la productivité.


Faibles stocks en produits alimentaires

Parmi ces facteurs, figurent également les faibles stocks en produits alimentaires dus à la fréquence des sécheresses et des inondations causées par les changements climatiques, les prix élevés des intrants et les coûts élevés du transport liés à l’augmentation du prix de l’énergie ainsi que l’accroissement de la population générant une plus forte demande de produits alimentaires de base.


Hausse significative de quantités demandées en produits alimentaires.

Du côté de la demande, l’augmentation des revenus de certains pays, dont la Chine et l’Inde en particulier, a causé une hausse significative de quantités demandées en produits alimentaires.


Modification des pratiques alimentaires, l’urbanisation, l’essor

économique et la croissance démographique

De même, la modification des pratiques alimentaires, l’urbanisation, l’essor

économique et la croissance démographique dynamisent la demande de produits d’alimentation humaine et animale notamment dans les pays en développement.


Accroissement sensible de la demande en biocarburants

Par ailleurs, l’accroissement sensible de la demande en biocarburants détourne la production agricole de son objectif principal d’alimentation.


l’augmentation rapide de l’utilisation des matières premières agricoles pour la production bio énergétique

Toutefois, l’augmentation rapide de l’utilisation des matières premières agricoles pour la production bioénergétique demeure moins forte que la progression des utilisations liées à l’alimentation humaine et animale.


Impacts des biocarburants sur la sécurité énergétique

En outre, les impacts des biocarburants sur la sécurité énergétique seraient minimes de par leur faible part dans les transports routiers qui ne dépasserait pas 3 à 4 % en 2030. En revanche, leurs effets sur la réduction de la production agricole deviennent de plus en plus considérables.


Biocarburants

Selon la Banque Mondiale14, les biocarburants sont responsables de la récente hausse des prix des denrées alimentaires à hauteur de 75%.


Offre alimentaire, les impacts du changement climatique

Concernant l’offre alimentaire, les impacts du changement climatique sont devenus prépondérants, agissant fortement sur les disponibilités en eau et sur la production agricole.


Evaluation de l’effet du changement climatique

Les conclusions de l’évaluation de l’effet du changement climatique sur le potentiel de production agricole dans le monde et dans les différents pays au terme des cinquante prochaines années attestent de l’importance de ces impacts et ce, selon qu’on mette en place des programmes de réduction du carbone dans l’atmosphère ou pas (IFPRI 2008).


baisse du potentiel de production du secteur agricole

Cette évaluation a permis de montrer qu’une forte baisse du potentiel de production du secteur agricole serait sûre en l’absence d’actions en faveur d’une atténuation des impacts du changement climatique.


  Coûts de plus en plus élevés des intrants agricoles et du transport,

D’un autre côté, il est à noter que les coûts de plus en plus élevés des intrants agricoles et du transport, liés au renchérissement du prix du pétrole, ont agit significativement sur l’offre agricole.


Production mondiale de céréales

Dans ce contexte, la production mondiale de céréales, à titre d’exemple, n’a connu qu’une faible progression sur la période 1999-2007 en passant de 1,86 milliard de tonnes à près de 2,6 milliards de tonnes.


Mutation du circuit de commercialisation des produits alimentaires

Un autre facteur important à l’origine de ce déséquilibre profond de l’équation de l’agriculture et de l’alimentation mondiale réside dans la mutation du circuit de commercialisation des produits alimentaires à travers la globalisation de la chaîne du marché de l’agro-alimentaire et le renforcement du poids de la filière distribution.


Prolifération du commerce

La prolifération du commerce par l’intermédiaire des grandes surfaces et centrales d'achat a permis de renforcer le pouvoir des supermarchés qui exercent désormais une forte influence sur les producteurs agricoles, leur dictant leurs préférences en termes de prix et de produits.Compte tenu de ces facteurs, aussi bien de l’offre que de la demande, il est prévu que les prix des produits de base, en termes nominaux, dépasseront en moyenne les niveaux qui ont prévalu pendant les dix années écoulées.


Projections de prix

Par rapport à la moyenne observée entre 1998 et 2007, les projections de prix pour la période 2008-2017 de l’OCDE et de la FAO indiquent une augmentation de 20 % environ pour la viande bovine et de quelque 30 % pour le sucre brut et le sucre blanc.



Ces hausses s’élèveraient de 40 à 60 % pour le blé, le maïs et le lait écrémé en poudre, de plus de 60 % pour le beurre et les graines oléagineuses et de plus de 80 % pour les huiles végétales.


Sur cette période, le mouvement de baisse des prix reprendra en termes réels, à un rythme cependant plus lent.


  Impacts des différents éléments d'offre et de demande sur les prix

Toutefois, les impacts des différents éléments d'offre et de demande sur les prix continueront vraisemblablement de différer d’un produit agricole à l’autre.


Prix pourraient être plus volatiles

Par ailleurs, les prix pourraient être plus volatiles que par le passé du fait notamment que les niveaux des stocks ne devraient pas sensiblement remonter (au moins durant la période 2008-2017).


  Conditions  météorologiques et l’offre de produits agricoles

Par ailleurs, les conditions  météorologiques et l’offre de produits agricoles pourraient devenir plus variables en raison des changements climatiques et de l'intervention des fonds d’investissement non commerciaux à caractère spéculatif qui opèrent sur les marchés à terme agricoles ou s’en retirent en fonction des perspectives de profit.


Évolution effective des prix des produits agricoles et des denrées alimentaire

L’évolution effective des prix des produits agricoles et des denrées alimentaires dépendra largement des grandes orientations à venir en termes de politiques agricoles menées à travers le monde.


Mesures restrictives sur les exportations

Ainsi, des mesures restrictives sur les exportations (Argentine), qui favoriseraient provisoirement les consommateurs des pays concernés, auraient des impacts négatifs sur les producteurs nationaux en limitant la réactivité de l’offre, tout en contribuant aux incertitudes qui entourent les marchés mondiaux des produits de base. Inversement, la limitation des importations par des mesures aux frontières restreindrait les possibilités de croissance à l’étranger pour les producteurs, réduisant en conséquence l’offre agricole mondiale.


L’offre agricole

L’offre agricole serait également confrontée à des incertitudes et à des obstacles quant à la superficie des nouvelles terres susceptibles d’être mises en culture.


investissements publics et privés pour l’accroissement de la productivité agricole

Des investissements publics et privés pour l’accroissement de la productivité agricole à travers le renforcement de la R&D et l’amélioration de l’utilisation des facteurs de production (eau, terre…), amélioreraient considérablement les perspectives en contribuant à élargir la base de production qui pourrait baisser le risque de nouvelles variations des prix des produits de base.


Stratégies agricoles

Les stratégies agricoles sont appelées à contribuer à atténuer le rythme du changement climatique et partant ses impacts néfastes sur la croissance agricole.


Intégrer l’agriculture dans les stratégies de réduction des effets du changement climatique

Il y aurait lieu notamment d’intégrer l’agriculture dans les stratégies de réduction des effets du changement climatique à travers la plantation d'arbres et l'utilisation du Mécanisme de Développement Propre via la vente des crédits carbone qui en découlent (actuellement sur le marché mondial du carbone, 20 tonnes de CO2 se négocient à 20 dollars US).


Renforcer les programmes de protection sociale et d'améliorer le ciblage des aides orientées vers les couches vulnérables.

Pour atténuer les impacts sociaux négatifs de cette mutation de la situation alimentaire mondiale, il devient nécessaire de renforcer les programmes de protection sociale et d'améliorer le ciblage des aides orientées vers les couches vulnérables.



Ceci contribuerait à réduire les tensions sociales, de plus en plus nombreuses de par le monde du fait de la forte pression exercée sur le pouvoir d’achat des populations vulnérables.


Nouvelle équation de l’agriculture et de l’alimentation mondiales

Rapport Economique et Financier 2009

 

 

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