Les présidents des collectivités locales seront de nouveau, et fortement, représentés à la Chambre des représentants lors de la huitième législature. Ces derniers y arrivent par dizaines et leur nombre atteindrait le tiers des membres de la Chambre, selon les statistiques arrêtées par l'Instance nationale de protection des biens publics (INPBP) dans son dernier rapport consacré au scrutin législatif du 7 septembre dernier.

Parmi les noms cités, on retrouve le Parti de l'Istiqlal en tête. Pour la catégorie des présidents des conseils municipaux et des maires, on en recense une quinzaine au moins, dont Hamid Chabat, maire de Fès, Hamdi Oueld Errachid, président du conseil municipal de Laâyoune, Khalil Dahi (Benslimane), mais aussi Hamdi Chiguer (Smara) et Abdelaziz Abba, président du conseil municipal de Boujdour.

Les harakis ne sont pas en reste et arrivent en deuxième position, avec un bon contingent, dont le maire de Rabat, Omar Bahraoui et les Sentissi : Driss, maire de Salé, et Omar, président du célèbre arrondissement de Laâyayda. Sans parler de Lakhdar Haddouch, président de la municipalité d'Oujda, ou encore de Mostafa Méchahouri, ministre sortant du Commerce extérieur et président du conseil munipal de Lakssiba, dans la région de Béni Mellal. Mohamed Moubdii, donné comme étant ministrable sur la liste MP, assure la présidence de la municipalité de Fkih Ben Salaheh. L'ex-président de la commission de l'Intérieur a été élu en tant que sans appartenance politique (SEP).

Le PJD a eu également sa part de "communards" qui font leur entrée à la Chambre des représentants. C'est le cas, entre autres, de Moh Rejdali, le maire de Témara, Saïd Khairoune (Ksar El Kébir) et Bouaâzza Fassini (Oued Zem). Parmi les célèbres figures du RNI qui feront leur entrée à la première Chambre tout en étant dotés de plusieurs casquettes, on retrouve leur chef de file Mostafa Mansouri, président de la commune de Laroui (près de Nador), Rachid Talbi Alami, maire de Tétouan, et Mohamed Atouani, président du conseil municipal de Mohammedia, élu haut la main le 7 septembre dernier pour une première expérience parlementaire.

Pour ce qui est des présidents d'arrondissement, l'Istiqlal arrive également en tête. Cette catégorie de militants du parti de Abbas El Fassi a vu la chance lui sourire, notamment à Casablanca avec la reconduction de deux présidents en la personne de Karim Ghellab, président de l'arrondissent de Sbata, Yasmina Baddou, qui préside à la destinée de celui d'Anfa, et Abdellah Safadi, président de l'arrondissement d'Al Fida.

Parmi les présidents PI des conseils régionaux qui font leur entrée à la Chambre, on retiendra Mohamed Karim, président du conseil de la région de Doukkala-Abda, mais aussi Abdessamad Kayyouh, qui assure la vice-présidence du conseil provincial de Taroudant.

Le rapport de l'INPBPM, ONG qui a pris part à la mission d'observateurs des dernières élections, relève que plusieurs allégations d'abus avaient été enregistrées concernant les présidents des collectivités locales et qui ont trait, dans l'écrasante majorité, à l'utilisation des moyens publics lors de la campagne électorale : travaux de "rafistolage" de voies, etc.

Cette ONG, présidée par l'avocat Mohamed Tarik Sbaï, suggère l'élaboration d'une législation qui rendraient inéligible à la Chambre des représentants les présidents des collectivités locales.

Pour l'INPBPM, cela éviterait bon nombre de problèmes, et autant de litiges, à chaque échéance électorale engageant le président d'une collectivité locale. Une suggestion qualifiée d'"illogique" et "inopportune" par un spécialiste en droit constitutionnel.

Le règlement intérieur de la Chambre des représentants ne renferme aucune restriction du genre pour les maires, présidents des régions ou des conseils préfectoraux. Les seules limites existantes concernent les ministres députés qui n'ont pas le droit de présider un groupe parlementaire, de présider une commission permanente ou encore d'être membres du bureau de la Chambre. Par contre, il est permis à un membre du gouvernement et député en même temps d'être membre d'une commission parlementaire et de prendre part aux débats.

A la première Chambre, et au-delà des résultats officiels quantifiant le poids de chaque parti politique, la force des uns et des autres sera connue au moment où les députés détermineront le groupe dont ils feront partie. Arrivé deuxième lors des élections du 27 septembre 2002 avec 48 élus, le parti de l'Istiqlal a terminé la septième législature avec un total de 66 députés…


Sajid, de Casa à Taroudant Mohamed Sajid, maire UC de Casablanca, a choisi de présenter sa candidature à Taroudant. Mission accomplie pour l'un des parlementaires épinglés à maintes reprises pour le nombre de séances "séchées".

Saâd Eddine El Othmani, secrétaire général du PJD, a fait l'itinéraire dans le sens inverse, puisque les militants islamistes, selon la version officielle du PJD, ont tenu à l'avoir à Hay Hassani plutôt que dans le Souss.

M. El Othmani argue de la proximité de Rabat, ce qui lui permettrait de mieux se consacrer aux affaires de son parti.

http://www.lematin.ma/Journal/Article.asp?idr=natio&idsr=par&id=76642 Mohammed Boudarham | LE MATIN